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#07 La correction, étape indispensable

Cette semaine, j’ai décidé de vous parler de l’étape de la correction. C’est l’étape sur laquelle on ne peut pas faire l’impasse quand on souhaite éditer son roman (et ce, par n’importe quel biais). Et pour parler de ce travail, quoi de mieux que d’interviewer la correctrice de Gemmae ? Je vous laisse donc en compagnie de Elsa Baudot, Traductrice et correctrice littéraire.

Bonjour, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Bonjour, je m’appelle Elsa Baudot et je suis traductrice et correctrice littéraire, passionnée de littérature de l’imaginaire. Je suis diplômée d’un Master de Traduction pour l’édition à l’Université de Bordeaux Montaigne. J’ai pu travailler pour différentes maisons d’édition comme MxM Bookmark et Rivka, mais aussi avec des indépendants, notamment grâce à un partenariat avec la librairie Jeunes Pousses pour que les auto-édités puissent trouver des prestataires qui leur conviennent.

En quoi consiste ton métier ?

C’est assez simple à deviner, je traduis et corrige des œuvres littéraires. Au niveau traduction, je reçois un manuscrit que je traduis et renvoie après l’avoir relu pour m’assurer de n’avoir pas fait de grosse erreur, ensuite je travaille avec le correcteur à qui a été confié mon travail pour rendre un manuscrit qui correspond au mieux à la version originale tout en étant fluide à lire en français. Au niveau de la correction, après avoir établi avec l’auteur quel type de correction est souhaité, je corrige le manuscrit, le renvoie et s’en suivent plusieurs échanges pour être sûrs qu’aucune coquille n’est passée au travers des mailles du filet et que les modifications n’ont pas apporté d’autres fautes.

Tu as donc principalement une casquette de traductrice, mais ce qui nous intéresse dans le cadre du travail sur Gemmae, c’est la correction.

Quelles prestations comprends-tu dans une mission de correction ? Que regardes-tu ?

Je propose deux types de service : la correction simple, c’est-à-dire tout ce qui est orthographe, grammaire, syntaxe, et la correction approfondie, où là, en plus des règles orthographiques, je révise également le style, la fluidité et le contenu du texte. En gros, pour s’assurer qu’il n’y a pas de coquilles il y a la correction simple, mais si on veut être certain qu’il n’y a pas d’incohérences et que le texte soit le plus fluide à lire possible, il vaut mieux demander une correction approfondie.

Quelles sont les difficultés que tu peux rencontrer au quotidien ?

L’une des principales difficultés de ce métier, c’est de décrocher un contrat. Je travaille, comme beaucoup d’autres, en indépendante. Il faut donc avoir un bon réseau et, évidemment, faire du bon travail pour qu’on fasse de nouveau appel à nos services. Le problème étant que c’est une branche assez saturée, comme c’est un métier non-réglementé tout le monde peut se proclamer correcteur et parfois on peut tomber sur des personnes qui pensent pouvoir devenir correcteur car elles lisent beaucoup ou sont passionnées, mais ça ne suffit pas. Donc ce sont des contrats qui passent sous le nez des correcteurs sérieux puisque les tarifs sont souvent plus attractifs et qui, en plus de baisser les prix du marché, peuvent donner mauvaise réputation aux correcteurs qui se lancent.

Quelles sont les qualités nécessaires pour devenir correcteur ?

Il faut être extrêmement bon en orthographe, grammaire, linguistique… être passionné de lecture est évidemment un bon point de départ, car sinon on ne pourrait passer la journée entière dans un manuscrit, mais un minimum de formation littéraire est nécessaire. Il existe des écoles de correcteurs, mais la plupart des formations littéraires (lettres modernes, langue et littérature étrangère, traduction…) ont énormément de cours sur ces points en particuliers afin de pouvoir travailler sur les textes correctement, ce qui forme une base très solide également.

Est-ce que tu peux nous expliquer pourquoi passer par une correction professionnelle est une étape indispensable lorsqu’on veut se tourner vers la publication indépendante ? Pourquoi on ne peut pas contacter le cousin professeur de français ?

Déjà, le cousin professeur de français va avoir une approche dite « scolaire » du texte, donc il ne saura pas forcément comment adapter pour respecter le style du texte. Or, même si on se tourne vers la publication indépendante, le but est que le lecteur ressente le même plaisir à la lecture de votre texte qu’à celle d’un texte édité en maison d’édition. Leur vendre un texte qui n’est pas abouti serait un manque de respect envers eux et, surtout s’ils estiment que le travail n’a pas été fait correctement, ils ne reviendront plus lire d’autres de vos ouvrages et pourraient même vous faire une mauvaise pub autour d’eux en parlant de votre livre. Au final, un manuscrit qui n’est pas bien corrigé c’est perdant pour tout le monde : le lecteur passe un mauvais moment, l’auteur reçoit des critiques sur un projet qui lui tient à cœur, et tout cela fait mauvaise presse à l’autoédition alors que ce milieu permet de magnifiques découvertes. Passer par un correcteur professionnel issu d’un cursus littéraire c’est donc l’assurance d’avoir un texte qui, du point de vue de la forme, sera à la hauteur des romans publiés sur le marché du livre.

Faire corriger son texte avant de l’envoyer en soumission en maison d’édition, bonne idée ?

Même si ce n’est pas forcément nécessaire étant donné que la maison d’édition retravaillera le texte, ça vous permet tout de même de mettre toutes les chances de votre côté. Effectivement, les maisons d’éditions reçoivent des centaines, voire des milliers de manuscrits à chaque session de soumission, et un texte déjà propre et travaillé aura forcément plus de chances d’être retenu qu’un manuscrit qui n’est peut-être pas encore abouti et sur lequel il y aura énormément de travail. Pour certains éditeurs, à part si l’histoire est un coup de cœur absolu (ce qui, il faut bien l’admettre peut s’avérer rare chez des personnes qui passent leur journée à côtoyer des œuvres littéraires), ça ne vaut pas la peine de s’embêter avec un texte qui n’est pas abouti quand ils ont vingt autres manuscrits presque prêts à la publication.

Est-ce que tu écris aussi à côté ?

Non, malheureusement cela fait des années que je n’écris plus, pour des raisons personnelles. Mais j’ai très envie de m’y remettre, j’ai notamment une idée zombiesque qui me trotte dans la tête depuis pas mal de temps.

Comment peut-on te contacter pour obtenir un devis ?

Pour obtenir un devis, rien de plus simple ! Il suffit de m’envoyer un mail à l’adresse ebaudot.trad@gmail.com avec les détails du roman : le genre, un résumé rapide est apprécié pour que je puisse me projeter, mais surtout le nombre de signes espaces comprises du texte et le type de correction que vous souhaiteriez. Si vous n’êtes pas certain de savoir ce qui vous conviendrait le mieux entre une correction simple ou approfondie, je peux évidemment vous faire un devis pour les deux afin que vous ayez toutes les cartes en main pour y réfléchir. Nous pouvons prendre le temps de discuter de votre projet afin de faire correspondre la correction au mieux à ce que vous recherchez.

Est-ce que tu as d’autres choses à ajouter ? Un dernier mot ?

La correction est un vrai travail, on peut passer des semaines sur certains textes. Et tout travail mérite salaire (nous avons aussi des factures à payer). Si la passion nous anime il faut tout de même que l’on puisse vivre du fruit de notre labeur, donc prévoyez un véritable budget pour les corrections de votre manuscrit et attention aux prix extrêmement bas. Comme pour toute chose, si c’est trop beau pour être vrai, il y a des chances que ce soit le cas et que vous finissiez par être déçu. N’hésitez surtout pas à faire passer un test de correction sur un extrait de votre texte pour voir si le travail d’un prestataire vous convient.

J’espère que cette interview aura pu vous éclairer sur l’importance de la correction, du choix du correcteur, et sur ce qui se cache derrière ce métier souvent méconnu. N’hésitez pas à faire vos retours en commentaire et à partager vos expériences !

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